Accueil arrow Articles arrow Marathon
Marathon

A une exception près les autres Grecs s'abstinrent de les aider. Sparte Ville grecque du Péloponèse, capitale de la république Lacédémonienne avait promis son assistance, mais les perses avaient débarqué le sixième jour de la nouvelle lune et un tabou religieux empêchait le départ des troupes spartiates jusqu'à la pleine lune. Un seul parti, d'ailleurs inattendu, vint soutenir Athènes à l'heure du danger.
Depuis quelques années le petit état de Platée en BéotieRégion au Nord d'Athènes, capitale Thèbes , sous la pression constante de son puissant voisin, Thèbes, avait demandé la protection d'Athènes et devait à une armée athénienne la sauvegarde de son indépendance. Aussi, alors que partout en Grèce s'ébruitait la nouvelle que le Mède était venu des confins de la Terre pour détruire Athènes, les courageux Platéens, sans avoir été requis, vinrent avec tous leurs moyens aider à sa défense et partager le destin de leurs bienfaiteurs. La mobilisation générale des Platéens ne réunissait qu'un millier d'hommes et cette petite colonne, après avoir quitté sa ville sur le flanc sud du mont Citheron et traversé l'Attique rejoignit les forces athéniennes au-dessus de Marathon juste avant la bataille. Le renfort, numériquement, était minime, mais la vaillance de ces hommes était sans prix pour les Athéniens et a certainement beaucoup contribué à dissiper le triste sentiment d'être abandonné et sans amis que le retard ambigü des troupes de Sparte devait avoir suscité dans les rangs athéniens.
Cette généreuse audace de leur faible mais loyal allié ne fut jamais oubliée à Athènes. Et, hors le droit d'exercer certaines fonctions politiques, les Platéens devinrent citoyens d'Athènes et de ce jour, lors des cérémonies sacrificielles, les prières publiques demandèrent au Ciel de bénir ensemble Athéniens et Platéens.
Avec le renfort platéen les commandants athéniens devaient disposer d'environ onze mille fantassins armés et entraînés, et probablement aussi d'un grand nombre de troupes irrégulières moins bien équipées; en effet à l'exception des citoyens les plus pauvres qui allaient au combat armés de javelots, de coutelas et de boucliers, chacun des hoplitesSoldat grec armé de casque, cuirasse,bouclier,bottines ferrées,pique et épée de l'infanterie lourde était servi au camp par un ou plusieurs esclaves qui étaient équipés comme les hommes libres inférieurs Dixit l'auteur:inferior freemen, en anglais. Les Athéniens n'avaient (en cette occasion) ni cavalerie, ni archers, et l'usage de machines de guerre sur le champ de bataille n'appartenait pas encore à l'art militaire antique.
Contrastant avec leurs maigres forces les généraux grecs voyaient s'étirer devant eux sur le pourtour sinueux de la baie, les tentes et l'équipement des diverses nations qui s'étaient mises en marche au commandement du seigneur de l'Orient. La seule limite à la puissance numérique de l'armée perse venait de la difficulté à trouver des moyens de transport et à garantir les approvisionnements. Il n'y a aucune raison non plus de supposer que les estimations de Justin Historien latin furent exagérées qui évaluaient à cent mille hommes l'armée qui, ayant fait voile depuis les côtes de Cilicie S-E de l'Asie Mineure, venait sous le commandement des satrapes Datis et Artaphernes investir les rivages consacrés d'Eubée et d'Attique. Aussi, même après avoir grandement réduit ce total pour tenir compte des simples marins et des services du camp, le déséquilibre des forces devait-il rester intimidant. Les généraux grecs n'avaient pas non plus cette confiance dans la qualité de leurs troupes qui, à partir de Marathon a toujours soutenu les Européens dans leurs conflits avec les Asiatiques : comme , par exemple, dans les luttes subséquentes entre la Grèce et la Perse, ou quand les légions romaines affrontèrent les hordes de Mithridatee Nom de trois rois des Parthes, peuple du S-E de la mer Caspienne, et de six rois du Pont(Turquie moderne). Il s'agit du sixième, Mithridate le Grand qui régna de 123 à 63 av. JC et de Tigrane Roi d'Arménie, gendre de Mithridate, ou comme c'est aussi le cas dans les campagnes indiennes de nos propres régiments. Au contraire, jusqu'à Marathon les Mèdes et les Perses avaient la réputation d'être invincibles. Ils avaient plus d'une fois rencontré des troupes grecques en Asie Mineure, à Chypre, en Egypte, et les avaient invariablement vaincues. Les premiers écrivains grecs utilisent les expressions les plus fortes pour décrire la terreur inspirée par le nom des Mèdes et le découragement des hommes devant la fortune apparemment irrésistible des armes perses. Il n'y a donc pas grande raison de s'étonner que cinq des dix généraux athéniens aient hésité à la pensée d'engager une bataille rangée contre un ennemi aussi supérieur en nombre et dont la renommée guerrière était si formidable. Ils occupaient sur les hauteurs une position forte qui offrait de grands avantages à une force défensive réduite opposée à un grand nombre d'assaillants. Ils estimaient que c'était pure folie de descendre dans la plaine se faire piétiner par la cavalerie asiatique, décimer par les archers, ou tailler en pièces par les invincibles vétérans de Cambyse Cambyse II, fils de Cyrus et Cyrus Régnait entre 560 et 529 av. JC. De plus, Sparte, le grand état militaire de la Grèce, avait été sollicitée et avait promis son assistance à Athènes encore que les rites à certaines époques et saisons eussent pour un temps retardé leur venue. N'était-il pas plus sage d 'attendre au moins jusqu'à son arrivée afin de bénéficier du soutien des meilleures troupes grecques avant de risquer la confrontation avec les redoutables Mèdes.
Ces raisons pouvaient paraître séduisantes; les cinq autres généraux, néanmoins, étaient partisan d'une stratégie plus expéditive et audacieuse. Et heureusement pour Athènes et pour le monde, l'un d'eux était non seulement un véritable génie militaire mais aussi un personnage énergique sachant imposer sa manière et ses idées à des esprits de moindre envergure.
Miltiade était le chef de l'une des plus nobles maisons d'Athènes : les Achéens l'un des premiers envahisseurs indo-européens de la Grèce, au IIe millénaire av. J.-C., chassant les premiers habitants, les Pélasges figuraient au nombre de ses ancêtres et le sang d'Achille L'un des héros de la guerre de Troie coulait dans les veines du héros de Marathon. L'un de ses proches aïeux était entré en possession du Chersonese Actuelle presqu'île de Gallipoli en Turquie thrace et c'est ainsi que sa famille était en même temps citoyenne d'Athènes et reine de Thrace Nom donné par les grecs de l'antiquité aux régions d'Europe au nord de la Grèce. Ceci advint pendant que Pisistrate tyran d'Athènes de 560 à 528 av. JC était tyran d'Athènes. Deux parents de Miltiade - un oncle portant le même nom et un frère, Stesagoras - avaient régné sur le Chersonese avant que Miltiade n'en devînt le prince. Il avait été élevé à Athènes dans la maison de son père Cimon qui était célèbre dans toute la Grèce pour ses victoires dans les courses de char des Olympiades et qui devait posséder de grandes richesses. Les fils de Pisistrate, qui succédèrent à leur père comme tyrans d'Athènes firent assassiner Cimon, mais ils traitèrent le jeune Miltiade avec bonté et lui gardèrent leur faveur ; et quand son frère Stesagoras mourut au Chersonese ils l'y envoyèrent en tant que suzerain de la principauté. Ceci s'était passé environ vingt huit ans avant la bataille de Marathon, et c'est avec son arrivée dans le Chersonese que commence notre connaissance de sa carrière et de son caractère. La première de ses actions dont le souvenir soit resté témoigne du même esprit résolu et sans scrupules qui marqua son âge mûr. L'autorité de son frère dans la principauté avait été ébranlée par la guerre et la révolte : Miltiade était déterminé à régner plus tranquillement. Dès son arrivée il ne quitta plus sa maison, faisant comme s'il suivait le deuil de son frère. Les notables de Chersonese, apprenant ceci, vinrent ensemble, de toutes les villes et districts jusqu'à sa maison lui porter leurs condoléances. Dès qu'il les eut tous en son pouvoir il les emprisonna. Ensuite il instaura et maintint une autorité absolue dans la péninsule, ayant loué les services de cinq cents hommes de troupe, et consolida sa position en épousant la fille du roi des Thraces, ses voisins.



 

Hello

Hello

Hello