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Marathon

Extrait de l'ouvrage: "Les quinze plus importantes batailles de l'Histoire - De Marathon à Waterloo" par Sir Edward Creasy - 1851
Traduction JM LLédos 2003

La bataille de Marathon

Pointez votre souris, sans cliquer, sur les mots en orange(IE: bleu!) pour faire apparaître les commentairesnote d'une pertinence exemplaire, absolument indispensable à la compréhension

Il y a deux mille cinq cent ans l'empire perse s'étendait de la vallée de l'Indus à l'Egypte, de Samarcande jusqu'en Macédoine, et, comme tout empire qui se respecte, commençait à se sentir un peu à l'étroit sur un territoire aussi réduit. Il ne pouvait plus guère progresser vers l'est à cause de l'éloignement ; au sud c'est le désert qui décourageait son avance et, au nord, les Scythes Nom donné dans l'antiquité aux peuples du sud de la Russie actuelle et des régions de la mer Caspienne et du fleuve Oural avaient fait entendre à Darius Darius 1er,523-485 av.JC qu'il n'avait rien de bon à gagner chez de tels sauvages. Restait l'ouest et la Grèce.
Une première tentative avait été faite en 493 par le général perse MardoniusGendre de Darius, mais la flotte d'invasion fut détruite par une tempête. Darius cependant avait quelques raisons de ne pas oublier les affronts infligés à sa grandeur par Athènes qui avait soutenu la rébellion des cités grecques d'Asie Mineure quelques années auparavant, ou Sparte qui avait jeté dans un puits l'envoyé du Roi des Rois venu demander " la terre et l'eau ", symboles de la soumission à son trône. La défaite que ses forces allaient subir à Marathon ne constituerait pourtant qu'un revers local dans une région lointaine et de peu d'importance au regard de la puissance perse.

Il en allait tout autrement pour les Athéniens qui les premiers avaient su résister au géant asiatique et Marathon devait finir par symboliser la supériorité de l'esprit sur le nombre, et signait l'acte de naissance de la civilisation européenne face à (ce qui devait devenir) l'obscurantisme barbare. C'est en tout cas la thèse de l'auteur des " Quinze plus importantes batailles de l'histoire", Edward Creazy, juriste, professeur d'histoire à l'université de Londres à partir de 1840, administrateur colonial à CeylanSri Lanka par la suite.

Il y a deux mille trois cent quarante ans de cela en 490 av JC, un conseil d'officiers athéniens avait été convoqué sur le flanc de l'une des montagnes qui dominent la plaine de Marathon sur la côte orientale de l'Attique Région de la Grèce continentale formant une presqu'île montagneuse au N-E du Péloponèse. Le but de la réunion était de décider s'ils devaient livrer bataille à un ennemi qui avait dressé son camp sur le rivage au-dessous d'eux; du résultat de leurs délibérations dépendait, non seulement le destin de deux armées, mais toute l'évolution de la civilisation humaine.
Ils avaient en vérité ample matière à s'inquiéter Ce conseil de guerre comprenait onze membres. Dix étaient les généraux qui en ce temps-là étaient élus chaque année à Athènes, un pour chacune des tribus que formaient les Athéniens. Chaque général commandait les hommes de sa tribu et était investi d'une égale autorité. De plus l'un des ArchontesMagistrat annuel;ils étaient neuf à gouverner la république d'Athènes leur était associé dans le commandement unifié de la force collective. Ce magistrat était appelé le Polémarque ou Chef de guerre : il avait le privilège de mener au combat l'aile droite de l'armée et de prendre part à tous les conseils de guerre. Un noble athénien nommé Callimaque était le Chef de guerre cette année-là et, comme tel, écoutait la grave discussion des dix généraux. Ils avaient en vérité ample matière à s'inquiéter, même s'ils étaient bien peu conscients de l'importance cruciale que prendraient les avis qu'ils allaient donner, ou des interprétations que les générations à venir donneraient de leurs débats. Ils voyaient devant eux les troupes d'invasion d'un puissant empire qui depuis cinquante ans avait mis en pièces et réduit en esclavage presque tous les royaumes et principautés du monde tel qu'on le connaissait alors. Ils savaient que toutes les ressources de leur propre pays étaient réunies dans la petite armée qui leur avait été confiée. Ils voyaient devant eux une armée d'élite du Grand Roi envoyée pour déchaîner son courroux contre ce pays et cette autre insolente petite communauté grecque qui avait osé venir en aide à des rebelles et incendier la capitale de l'une de ses provinces. Cette troupe victorieuse avait déjà rempli la moitié de sa mission vengeresse. Erétrie Ville d'Eubée, île à l'Est et au N-E d'Athènes, séparée de la Grèce continentale par le détroit de l'Euripe, l'alliée d'Athènes dans l'audacieuse expédition contre Sardes, neuf ans auparavant, venait de tomber et les généraux athéniens, depuis leurs hauteurs, pouvaient distinguer l'île d'Aegilia où les Perses avaient parqué leurs prisonniers qui seraient emmenés, captifs, en Asie pour y entendre leur condamnation de la propre bouche du roi Darius. En outre les Athéniens savaient que le tyran qu'ils avaient banni, Hippias, se trouvait dans le camp adverse, tentant, avec l'appui des armes étrangères, de retrouver son pouvoir despotique sur ce qu'il resterait de ses compatriotes qui auraient survécu au pillage de leur cité et que les MèdesPeuple indo-européen qui se fondit avec les Perses au temps de Cyrus(fils de Cambyse et de Mandane,fille du roi des Mèdes), fondateur de l'empire des Perses et des Mèdes auraient dédaigné emmener en esclavage.

Le déséquilibre numérique entre les forces que dirigeaient les commandants athéniens et celles qu'ils devaient affronter intimidait certains membres du conseil. Les premiers historiens qui écrivirent à une époque proche de la bataille ne prétendent pas donner un état précis des forces en présence, mais nous disposons de suffisamment de données pour faire une estimation d'ordre général. Chaque Grec libre était tenu à l'entraînement militaire et, avec les incessants conflits frontaliers entre les différents états, peu de Grecs atteignaient l'âge adulte sans avoir accompli au moins un certain temps de service. Mais la conscription des libres citoyens d'Athènes en âge de servir ne dépassa jamais les trente mille hommes et à cette époque elle n'arrivait probablement pas aux deux tiers de ce nombre. Les plus pauvres de ces hommes, en outre, n'étaient pas équipés, ni entraînés pour les manœuvres d'une infanterie régulière. Quelques détachements des meilleures troupes devaient rester en garnison dans la ville d'Athènes même et sur les divers points fortifiés du territoire ; aussi est-il impossible d'évaluer à plus de dix mille hommes effectivement équipés la troupe qui d'Athènes gagna Marathon quand fut connue la nouvelle du débarquement perse.



 

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